GESTION DE L’EAU DANS LE LIPTAKO : LES ACTEURS DU GOROUOL MEDIAN EN RENFORCEMENT DE CAPACITÉS A DORI

Du 16 au 21 mars 2026, Dori a accueilli un atelier crucial pour la pérennité des ressources hydriques de la région. Organisée par l’agence de l’eau du Liptako (AEL) avec l’appui du projet ESEPV-Sahel, cette formation visait à outiller les membres du Comité Local de l’Eau (CLE) du Gorouol Médian et les usagers du barrage de Yacouta sur la gouvernance apaisée et durable de « l’or bleu ».
Le partage de la ressource en eau en zone sahélienne n’est pas seulement un défi technique, c’est un impératif de cohésion sociale. C’est dans cette optique que s’est tenu du 16 au 21 mars 2026 un atelier de renforcement des capacités des acteurs dans la salle de réunion de la Direction Générale de l’Agence de l’Eau du Liptako (DGAEL) à Dori.
Cette initiative est accompagnée par le projet ESEPV-Sahel, qui réaffirme son engagement à travers sa composante « Gouvernance ». L’enjeu est de permettre aux membres du CLE Gorouol Médian de s’approprier pleinement leurs rôles et responsabilités. En clarifiant les missions de chaque catégorie d’acteurs (qu’ils soient agriculteurs, éleveurs ou gestionnaires) l’AEL et le projet entendent structurer une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) plus efficace autour du barrage stratégique de Yacouta.

Protéger le Barrage de Yacouta : Un défi multiforme
Au-delà de l’aspect institutionnel, la formation aborde des problématiques de terrain urgentes. Les participants sont formés aux techniques de suivi et de sensibilisation pour faire respecter l’allocation de l’eau, garantissant ainsi un accès équitable pour tous les usagers.
L’accent est également mis sur la préservation de la qualité de l’eau. Deux menaces majeures sont dans le viseur des experts :
- L’usage des pesticides : la promotion de bonnes pratiques environnementales est essentielle pour éviter la contamination chimique des nappes et du réservoir.
- L’orpaillage artisanal : l’exploitation minière dans le bassin versant de Yacouta représente un risque sédimentaire et toxique (mercure, cyanure) que le CLE doit surveiller et prévenir par la sensibilisation des populations.
Vers une gestion communautaire responsable
Cet atelier loin d’être une simple session théorique est un levier de changement pour que les populations locales deviennent les premières sentinelles de leur environnement.
Pendant une semaine, les échanges entre les acteurs ont permis de définir une feuille de route claire pour la surveillance du barrage et la protection de son écosystème. En renforçant le pouvoir d’action du CLE, le projet ESEPV-Sahel pose un jalon supplémentaire vers la résilience des populations vulnérables du Sahel face aux défis climatiques et anthropiques.
